L’import-export bio depuis la Chine : info ou intox ?

Alors que la majorité des continents (Europe, Océanie, Amérique du Nord et Amérique Latine) sont depuis un peu plus d’une décennie dans la course du bio, il a fallu attendre 2001 pour voir entrer l’Asie et l’Afrique sur ce marché, et quelques années de plus pour voir certains pays asiatiques comme la Chine doubler ses précepteurs : « La Chine est le 2ème producteur au monde de produits bio derrière l’Australie, le 1er en terme de surfaces cultivées. » (Pieters Romuald, directeur de la SDAC).

Cependant, manger bio n’est à présent plus suffisant, le « top du top» est de « vivre-bio ». En coulisse, cela signifie pour les producteurs : fabriquer le plus possible de produits de consommation à base de matières premières biologiques ! Les vêtements, les accessoires (déco et perso), les ampoules… deviennent alors des avancées de plus dans la bataille bio, mais aussi un atout vente pour les entreprises qui surfent sur la tendance du «sauvons le monde». Un bon compromis entre améliorer son économie et sauvegarder l’écologie, entre producteurs et environnementalistes.

Bien qu’en Chine, la mode du manger bio ne suive pas (population non confiante), ce pays reste le deuxième producteur au monde de produits biologiques. Bien que les fournisseurs chinois ne voient pas l’intérêt de fabriquer des produits de consommation divers à partir de matières premières liées à l’agriculture biologique, nous (acheteurs particulier ou professionnel, trader ou entreprise de sourcing), nous la voyons et nous pouvons donc l’y développer. Les sociétés de sourcing, basées en Chine ont la possibilité de démarcher des producteurs bio. Ce qui reste avantageux et éthique (dans la mesure où les conditions de travail respectent les droits de l’Homme) est que le coût de la production en Chine, ainsi que le transport écologique par containers partagés, reste moindre qu’une marchandise bio produite dans un pays tel que la France.

Comme on dit chez nous : « le bio, c’est beau » !

Des entreprises, aidées de sociétés de sourcing, se sont déjà lancées dans l’import-export bio en Chine, notamment concernant le textile le plus produit dans le monde : le coton. Avant tout, il est important d’éradiquer certaines idées reçues à propos de ce tissu. Ce produit que vous considérez naturel, fait actuellement appel à l’utilisation de 11% des insecticides et 25% des pesticides mondiaux, alors que cette culture ne représente que 2,4% de la superficie agricole mondiale. Si l’on observe les conséquences sur l’environnement, on comprend que cela représente une pollution importante et irrémédiable des nappes phréatiques, un étouffement de la terre (entachant la qualité et les propriétés minérales de cette dernière), ainsi qu’un pas de plus vers la disparition d’espèces animales et végétales. Quant aux conséquences sur l’Homme, elles représentent 1million d’intoxications et 22 000 décès par an (source : OMS, Organisation Mondiale de la Santé). On comprend donc tout de suite l’importance de changer cette agriculture pour revenir à une culture plus saine ; et c’est pourquoi, le coton organique a toute sa place dans notre vie future.

Ce tissu est obtenu sans avoir été gorgé d’OGM, pesticides ou insecticides chimiques, mais grâce à des intrants, soit des éléments naturels aidant à la pousse du coton. Ce système permet aussi une économie financière pour le cultivateur (les produits chimiques étant payants et onéreux). De plus, le coton demande une importante consommation d’eau, absorbée au cours de la culture, qui représente entre 7000 et 29 000 litres d’eau pour la production d’un seul kilogramme de coton. Avec le textile organique, ce gaspillage est évité grâce à un système de goutte à goutte qui contrôle l’irrigation. Ce coton bio présente les mêmes possibilités de création que l’habituel coton, mais il offre en plus de nouvelles propriétés :
– anallergique,
– non toxique,
– moins polluant,
– plus doux,
– plus souple.

On peut donc espérer voir très bientôt apparaître dans notre garde-robe et décoration d’intérieur ce textile bio et mode !

Lorsque l’on se rend compte que le 1er pays cultivateur de produits biologiques au monde est aussi l’un des premiers pays exportateurs, on comprend tout de suite l’attrait que représente la Chine pour ce marché. Si l’on arrive à s’entourer d’agents compétents basés sur place, chose aujourd’hui très facile grâce aux sociétés de sourcing, la Chine représente encore une fois un bon « filon », permettant d’allier qualité, écologie et économie.

Ecrit par Elodie Sellier

Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_biologique
http://www.biocoton.com/default.asp?keuze=15&lang=2#La%20fabrication

Ecrit par Elodie

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