La Chine : numéro 1 de la contrefaçon !

Ce qui fait de la Chine le numéro 1 de la contrefaçon est l’organisation des réseaux de contrebande et leur ampleur prise au fil des années. En effet, il ne s’agit plus à présent d’incidents ponctuels, mais bien de contrebande plus qu’organisée. Ce fonctionnement pourtant illégal suit un schéma de production et de distribution calqué sur celui des firmes légales … on finirait par s’y méprendre : manufactures performantes et spécialisées, mise sous emballage, distribution (magasins, marchés, vente à la sauvette, sites internet, importations), vente (livreurs, vendeurs, superviseurs et responsables des différents magasins), etc.

La contrefaçon est devenue en Chine une industrie à part entière, représentant 10% des productions industrielles annuelles chinoises, et dont le chiffre d’affaire est évalué à approximativement 16 milliards $ US.

1- Le top 10 des produits les plus contrefaits en Chine :

– Cigarettes : environ 190 milliards de cigarettes par an
– textiles : 20%
– jouets : 12 %
– montres : 9 %
– médicaments : 7 %
– pièces automobiles : 5 %
– chaussures : 4 %
– parfums (quantité difficilement chiffrable)
– CD/DVD (quantité difficilement chiffrable)
– logiciels (quantité difficilement chiffrable)

2- Les marques :

Ces entreprises à part entière, font parfois preuve de créativité en inventant un nouveau label dont le logo se rapproche d’une marque célèbre ; ou « tout simplement », ils l’imitent trait pour trait, afin de mieux prétendre son authenticité, obtenir plus d’argent d’un client crédule et tromper au mieux les autorités (comme la douane).

Les principales marques mondiales les plus imitées sont les suivantes :

Dans le domaine du luxe :

– Rolex, chiffre d’affaire rapporté : 32 %.
– Breitling, chiffre d’affaire rapporté : 8 %.
– Ferrari : 7 %.
– Gucci : 6 %.
– Cartier : 5 %.
– Dior : 2 %.
– Adidas : 2 %.

Dans le domaine de l’électronique :

– Nokia : 37 %.
– Sony : 10 %.
– Siemens : 7 %.
– Motorola : 7 %.
– Nintendo : 6 %.
– Disney : 5 %.

Dans les domaines des cosmétiques et parfums :

– Boss : 15 %
– Procter and Gamble : 6 %
– Burberry : 6 %
– Calvin Klein : 4 %
– Armani : 4 %.

3- Les manufactures, exemple de la contrebande de cigarettes :

Il est possible de trouver en Chine, des manufactures illégales, produisant de faux jeans Diesel, des contrefaçons de sacs Gucci, des copies de portefeuilles Louis Vuitton, ou encore de fausses pilules Viagra. La réalisation de ces produits suit très souvent le même processus que celui de la plus grande contrebande mondiale, principalement produite en Chine : celle des cigarettes.
Afin de susciter au minimum l’attention des autorités, beaucoup de manufactures clandestines préfèrent se localiser dans les milieux ruraux chinois. Deuxième cas, celui des manufactures parfaitement légales durant la journée, productrices de contrefaçons la nuit. Pour finir, d’autres, protégées par la corruption et l’usage de pots-de-vin, peuvent directement s’implanter dans des milieux urbains, sans aucune nécessité de discrétion et sans craindre la répression.
D’autre part, la production d’une contrefaçon est décentralisée : ainsi, un paquet de cigarette est réalisé en plusieurs étapes : les cigarettes sont réalisées dans une usine A, puis la réalisation et l’imitation d’un paquet de marque connue (effectuée grâce à l’utilisation de scanners performant mais pas chers) sont réalisés dans une usine B, pour finir l’assemblage et l’empaquetage se font au sein d’une usine C. Le fait de décentraliser une production minimise les risques d’une accusation de contrefaçon et minimise aussi la possibilité de démanteler un réseau, étant donné que le produit ne devient une copie qu’au moment de l’assemblage.

Une importation de contrefaçons de cigarettes peut rapporter 120 000 $ US (coût de production, d’envoi et pots de vin déduits).

4- Le système de distribution :

– les exportations :

On estime que la Chine produit 80% des contrefaçons mondiales. Le poids de ces exportations illégales est donc important dans la balance économique chinoise. Elles suivent généralement le même processus qu’une exportation légale. Pour exemple, les contrefaçons de cigarettes sont envoyées par conteneurs vers la Russie, le Brésil, l’Inde, les Etats-Unis et le Royaume-Unis (les 5 Etats en tête des importations de cigarettes illégales). Il arrive aussi, que ces exportations se fassent de manière totalement « loufoque », comme ont pu s’en rendre compte certains douaniers : ainsi, au cours d’un rapatriement funèbre, ces derniers ont pu découvrir des cigarettes contrefaites cachées dans le cercueil.

– Ventes dans la rue :

Comme dans beaucoup d’autres pays, on trouve en Chine des vendeurs « à la sauvette ». La plupart du temps ils marchandent des contrefaçons de montres, sacs et chaussures. Généralement situés dans des lieux de passages, ils accostent les passants et leurs proposent une liste d’accessoires de  « marques » ou exposent leurs articles sur un tapis (pour mieux pouvoir tout remballer si la police arrive).

– Magasins :

Au sein de ce pays, on peut trouver des systèmes de vente pour les contrefaçons propres à ceux légaux, à savoir des magasins. Leur organisation est calquée sur celle des échoppes légales : vendeurs attitrés, responsables de magasins (bien souvent plusieurs magasins appartiennent au même réseau et donc ils orientent leur client d’un magasin à l’autre), exposition des articles, divers modèles et tailles, stocks,  magasins spécialisés dans la vente d’un domaine (habillement, accessoires, pharmaceutique, électronique, etc.).

– Internet :

Sur la toile du net, développeur exponentiel de la vente de contrefaçons, on peut à présent trouver des copies de sites de marques (tel que Nike), copiant les pages web de ces sites, leur design et leur fonctionnement, excepté que les articles qui y sont vendus sont des faux. On retrouve aussi les habituelles ventes de copies sur des sites tels qu’e-bay, ou sur des sites à part entière (soit disant légaux) vendant des contrefaçons, notamment « sous couverture » de faux certificats d’authenticité.

Au fil des années, la contrefaçon a su devenir une part indispensable de l’économie chinoise et s’est aussi exportée au monde entier. S’habiller en «faux», s’équiper en «faux», se fournir dans des magasins de «faux» et tout simplement voir les objets du quotidien devenir contrefaçons, n’a rien de choquant en Chine, c’est même quelque chose de totalement imprégné dans la société. Voilà donc un problème difficile à régler du côté Chine et difficile à gérer pour les sociétés étrangères victimes de ce sévisse. On comprend donc qu’il ne s’agit pas seulement de faire la chasse aux copies mais de changer des mentalités, de prendre le risque de déséquilibrer une puissance économique et ce n’est pas une chose facile. Là est notamment le rôle des sociétés étrangères directement basées en Chine (que ce soit des sociétés mères, de trading ou de sourcing) : faire petit à petit évoluer les mentalités.

Ecrit par Elodie Sellier

Sources :
tobaccofreecenter.org/files/pdfs/fr/ILL_overview_fr.pdf
http://www.jeuneafrique.com/Article/LIN23054lachinoafer0/La-Chine-paradis-de-la-contrefacon.html
http://collectik.over-blog.com/article-37049383.html

Ecrit par Elodie
  • De plus en plus fort côté contrefaçon en Chine : un village autrichien va être reproduit à l’identique ! Lisez ça, c’est assez fou : http://www.partirdemain.com/blog/halstatt-village-autrichien-copie-chine.htm

  • Et ça ne s’arrête pas là, ils copient même les villes. Dernièrement ils ont ils ont entièrement reproduit le village autrichien Hallstatt classé patrimoine mondiale de l’Aniesco. Regardez
    http://guidevoyage.org/contrefacon-chine-village/

  • Commentaire de « rigolodeplus » a prendre bien sur au second degre 😉

  • Article super intéressant, pour ceux qui souhaite de la contrefaçon, contacter moi je suis en Chine.
    🙂

  • Merci, j’apprécie beaucoup le compliment. Je passe du temps à faire des recherches et c’est pour des commentaires comme celui là que je me rappelle pourquoi je le fais :).

  • Article très intéressant, et surtout très renseigné !

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