Pourquoi importer de Chine?

Deuxième puissance économique mondiale (pour la première fois, lorsque son PIB a dépassé celui du Japon lors du deuxième trimestre 2010) et avec une croissance annuelle moyenne de près de 8%, la Chine domine presque le monde.

Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, l’environnement du travail en Chine est beaucoup plus souple que celui que nous pouvons connaître en France par exemple. Ensuite, la Chine devient de plus en plus compétitive grâce à un niveau de qualité de ses produits de plus en plus élevé. Enfin, ses compétences techniques et le savoir-faire de ses ingénieurs lui permettent de revenir dans le sillon de ses principaux concurrents.

L’Europe, premier « acheteur » de la Chine, (avec 20% des échanges contre 17% pour les USA) a compris depuis longtemps les avantages qu’il y avait à se fournir chez elle.

Avantage numéro 1 : Des conditions de travail permettant aux usines d’être compétitives

De manière générale, les conditions de travail en Chine sont beaucoup plus souples que celles que nous pouvons connaître en Europe. Les usines chinoises produisent très souvent 7 jours sur 7 grâce à un roulement continu des ouvriers (par exemple 3 ouvriers feront une période de 8h chacun) et ce cinquante et une semaine par un.

Un Code du travail existe bien (celui du 5 juillet 1994) mais son utilisation reste de manière générale très flexible par les entreprises. Il faut savoir que la Chine est découpée en 22 provinces, 5 régions autonomes, 4 municipalités et 2 régions administratives spéciales. Dans un pays grand comme 17 fois la France, il est facile d’imaginer que gérer de manière uniforme n’est pas chose aisée.

Enfin, la Chine a à sa disposition 300 millions de « mingongs » (ouvriers migrants venant des provinces) travaillant dans les grandes régions économiques (région du Guangdong dans le sud et la région de Shanghai notamment). Cette force de travail est un atout considérable. Cependant, la Chine doit faire face à une pénurie de main d’œuvre dans certaines régions. Cette pénurie s’explique par la faiblesse des salaires, ce qui n’incite plus les ouvriers à répondre favorablement aux conditions de travails proposées. Elle s’explique aussi par l’arrivée à maturité de la politique de l’enfant unique mise en place en 1977 et par le fait que la jeune génération aspire à d’autres carrières que celle d’ouvrier de production.

Si la Chine arrive à trouver des solutions face à ces difficultés, elle continuera à avoir de beaux jours devant elle en termes d’exportations.

Avantage numéro 2 : Une qualité de plus en plus proche de celle des produits européens

Le fait que l’Europe soit le premier client de la Chine ainsi que l’augmentation continue des échanges entre eux ne peut que favorablement jouer de manière positive sur la qualité des produits proposés. Pourquoi ? Car les fournisseurs chinois s’habituent aux demandes et au niveau de qualité requis.  Egalement, le très grand nombre de sociétés étrangères présent sur le territoire chinois (multinationales, filiales, bureau de représentation, société de sourcing etc.) fait que les exportateurs chinois s’habituent de plus en plus au niveau d’exigences internationales.

Cette connaissance des pré-requis techniques leur permet de fournir des produits qui répondent favorablement aux exigences de la douane ainsi qu’aux normes européennes dans le cas d’une exportation vers la France.

Néanmoins ,il est essentiel pour l’acheteur faire produire un échantillon et de contrôler la production de manière régulière (que ce soit en envoyant un représentant de l’entreprise ou en passant par un intermédiaire) pour montrer à l’usine chinoise que vous êtes vigilant sur la conduite de la production mais également pour éviter que la qualité de la production ne se dégrade. L’usine cherchera toujours à faire des économies et la production en sera toujours la première affectée.

Avantage numéro 3 : Une industrie et des capacités technologiques performantes

La Chine tient à contrôler au maximum ses innovations. C’est pour cette raison notamment qu’elle accroît ses investissements en R&D  de manière considérable tous les ans (l’objectif de 2.5% du PIB devrait être atteint en 2020 ; il est aujourd’hui de 1.5% environ, ce qui la place juste derrière l’Union Européenne). Ajoutons à cela le chiffre de 828 000 nouveaux brevets déposés en 2008  cela montre que la Chine fait tout son possible pour rattraper son retard sur ses concurrents principaux.

Egalement, elle a su anticiper l’Accord de l’OMC sur les textiles et les vêtements en augmentant de manière considérable ses moyens de production (« Accord Multifibre » de 1995 qui a éliminé les quotas d’exportation sur les produits textiles et favorisé le développement de pays comme la Chine). La Chine s’est ainsi positionnée rapidement comme un pays incontournable dans le secteur du textile et de l’habillement.

Beaucoup de problèmes sont encore à résoudre et la Chine va devoir mieux utiliser la main d’œuvre à disposition si elle veut rester sur le devant de la scène. Néanmoins, l’intelligence qu’elle a montrée ces trois dernières décennies (depuis la fin de la Révolution culturelle) prouve qu’elle a beaucoup de ressources et qu’elle a largement les moyens pour continuer à dominer le monde des exportations.

Ecrit par Thibaud Rassat

Sources:
http://www.marketing-chine.com/achat-chine/pourquoi-les-importations-de-chine-sont-elles-risquees
http://fr.transnationale.org/pays/chn.php
www.vendre-en-chine.net/commerce1.html
http://www.chine-informations.com/actualite/penurie-de-main-oeuvre-en-chine_22226.html

Ecrit par Thibaud Rassat
  • Merci pour le commentaire. C’est vrai que le dernier paragraphe peu paraître trop positif (concernant les brevets par exemple, seuls 23% environ concernent des inventions contre 80% pour les USA). Mon objectif premier était de mettre en avant les efforts de la Chine pour montrer que la Chine a le potentiel pour rester sur le devant de la scène en terme d’exportation. Mais ta remarque est pertinente.

  • Bel article mais je nuancerais le numéro 3.
    D’après mes expériences, ce n’est vraiment pas encore le cas.

    La Chine a encore un long chemin.